J'ai commencé à regarder Equals de près il y a environ un an, après qu'un client m'ait posé la question suivante : "Hugo, j'ai besoin d'un compte professionnel, mais aussi d'envoyer de l'argent à l'étranger régulièrement et de gérer des cartes pour mes équipes. Est-ce que je peux tout faire au même endroit ?" C'est exactement là où Equals entre en jeu. Et c'est aussi là où les choses deviennent intéressantes.
Parce qu'Equals n'est pas une banque traditionnelle. Ce n'est pas non plus une fintech pure comme Revolut Business ou Wise Business. C'est quelque chose d'un peu particulier : un groupe qui a consolidé plusieurs services financiers sous une même marque, avec une ambition claire côté multi-devises et gestion des paiements internationaux.
Est-ce que ça tient la route en 2026 ? Je vais vous donner mon avis terrain, sans langue de bois.
Ce qu'Equals fait réellement et pour qui c'est pertinent
Equals Group (anciennement Equals Money) propose plusieurs produits qui peuvent fonctionner ensemble : un compte multi-devises, des cartes prépayées pour les équipes, des services de change et de transferts internationaux, ainsi qu'une plateforme de gestion des dépenses. Le tout est pensé pour les PME et les entreprises qui ont des flux en devises étrangères.
Je vais être honnête : si vous êtes un indépendant qui facture uniquement en euros à des clients français, Equals n'est probablement pas fait pour vous. Le vrai terrain de jeu d'Equals, c'est l'entreprise qui jongle avec plusieurs devises, qui envoie des paiements à des fournisseurs à l'étranger chaque semaine, ou qui a des salariés qui voyagent et dépensent dans différents pays.
J'ai accompagné une agence de communication lyonnaise qui travaille avec des prestataires au Royaume-Uni, au Portugal et en Pologne. Avant Equals, ils utilisaient trois outils différents : leur banque traditionnelle pour les virements SEPA, un compte Wise pour les transferts hors zone euro, et un autre outil pour les notes de frais. Regrouper tout ça sur Equals leur a simplifié la vie, pas de façon spectaculaire, mais concrètement.
Ce qui m'a surpris, c'est la granularité du contrôle sur les cartes équipes. On peut paramétrer des plafonds par employé, bloquer certaines catégories de marchands, activer ou désactiver une carte depuis le tableau de bord. Pas révolutionnaire sur le papier, mais quand vous avez dix collaborateurs qui se déplacent, c'est un vrai soulagement au quotidien.
Equals face à la concurrence : comparatif direct
Je compare ici Equals avec les trois solutions que mes clients me citent le plus souvent dans ce segment : Wise Business, Revolut Business et Airwallex. Ce sont les alternatives les plus sérieuses en 2026 sur ce positionnement multi-devises pour les PME.
| Critère | Equals | Wise Business | Revolut Business | Airwallex |
|---|---|---|---|---|
| Facilité d'utilisation (/ 5) | 3,5 | 4,5 | 4 | 3,5 |
| Fonctionnalités (/ 5) | 4 | 4 | 4,5 | 4,5 |
| Prix (/ 5) | 3,5 | 4 | 3,5 | 4 |
| Intégrations (/ 5) | 3 | 4 | 4 | 4,5 |
| Note globale (/ 5) | 3,5 | 4,1 | 4 | 4,1 |
Bon, par contre, un tableau ne dit pas tout. Je vais rentrer dans le détail parce que les chiffres sont proches et les différences sont surtout qualitatives.
Wise Business : le plus simple à utiliser au quotidien
Wise Business reste, à mes yeux, la référence en matière de clarté. L'interface est propre. Les frais sont affichés de façon transparente avant chaque transaction. Quand je dis transparente, je veux dire que vous voyez exactement combien vous payez, en pourcentage et en valeur absolue, avant de valider. C'est rare et ça mérite d'être souligné.
Pour les PME qui font des virements internationaux fréquents et qui veulent un outil que n'importe quel collaborateur peut utiliser sans formation, Wise est mon premier choix. J'ai formé deux salariés dessus en une demi-journée. L'onboarding est rapide, la vérification d'identité aussi.
La limite ? Les fonctionnalités de gestion des dépenses équipes restent légères comparées aux autres. Et l'écosystème d'intégrations, bien qu'en progression, ne rivalise pas encore avec Airwallex côté connecteurs natifs.
Revolut Business : le couteau suisse, avec ses défauts
Revolut Business, je l'utilise personnellement depuis trois ans pour certains paiements internationaux. C'est l'outil le plus complet en volume de fonctionnalités : multi-devises, cartes virtuelles illimitées sur certains plans, automatisation des dépenses, accès API, intégrations comptables avec Xero et QuickBooks.
Franchement, ça m'a agacé plus d'une fois. Le support client est lent. Pas toujours, mais souvent au mauvais moment. J'ai eu un client dont un compte a été temporairement bloqué pour vérification de conformité, sans notification claire, juste avant un paiement fournisseur important. Ce genre de situation arrive sur toutes les fintechs, mais Revolut a la réputation de bloquer des comptes sans grande communication.
Pour une TPE avec peu de transactions critiques, c'est acceptable. Pour une PME dont le cash flow dépend de virements réguliers, réfléchissez à deux fois. Le plan gratuit est très limité, et les plans payants montent vite selon l'utilisation.
Airwallex : le choix des entreprises qui ont besoin d'API
Airwallex, c'est une autre catégorie. C'est l'outil que je recommande quand une entreprise a un vrai besoin d'intégration technique : paiements automatisés via API, gestion de flux multi-entités, collecte en devises locales sur des dizaines de marchés. L'onboarding est plus exigeant, la prise en main demande du temps.
Si vous avez une équipe tech ou un DSI, Airwallex ouvre des possibilités réelles. Si vous êtes une PME de 15 personnes sans développeur interne, c'est probablement trop complexe pour votre usage quotidien. Je le déconseille dans ce cas précis.
Ce que j'apprécie chez Equals, et ce qui me freine
Revenons à Equals. J'ai identifié des points forts réels, mais aussi des limites qu'il faut nommer clairement.
Les points qui fonctionnent vraiment
Le change de devises. C'est là qu'Equals a construit sa réputation. Les taux proposés sur les grandes devises (GBP, USD, EUR, CHF) sont compétitifs pour des volumes moyens. J'ai comparé sur plusieurs mois avec les taux Wise et la différence est marginale sur les petits montants, parfois avantageuse sur les volumes plus importants.
La gestion des cartes équipes est bien pensée. Chaque carte peut avoir son propre plafond, sa propre politique de remboursement, et les exports de transactions sont disponibles en CSV avec un niveau de détail suffisant pour une intégration comptable manuelle ou semi-automatisée.
J'apprécie aussi l'approche "compte dédié par devise". Equals vous donne accès à des comptes réels en GBP, USD, EUR avec des IBAN distincts. Ça facilite la réconciliation bancaire quand vous avez des flux dans plusieurs devises. Concrètement : un client qui vous paye en dollars peut virer directement sur votre compte USD sans conversion forcée au moment de la réception.
Ce qui me freine
L'interface. Je ne vais pas tourner autour du pot : l'UX d'Equals est en retard par rapport à Wise ou Revolut. Certaines actions demandent plusieurs clics là où la concurrence a simplifié le parcours. Ce n'est pas bloquant, mais pour un dirigeant qui veut aller vite, ça crée des micro-frictions.
L'onboarding aussi. J'ai eu un client qui a attendu plus de deux semaines pour obtenir la validation complète de son compte Equals. Pour Wise, c'était moins de 48 heures. Ce délai peut être rédhibitoire si vous avez un besoin urgent.
Les intégrations natives restent limitées. Pas de connecteur direct avec les grands outils comptables français comme Pennylane ou Cegid. On passe par des exports manuels ou des solutions intermédiaires. C'est un vrai défaut en 2026 quand la concurrence a déjà automatisé ces flux.
Là j'ai un vrai reproche : la documentation et le support en français. Equals est un groupe britannique. La plupart des ressources d'aide sont en anglais. Pour un dirigeant francophone non technique, ça peut poser problème au moment où il en a le plus besoin.
Mon verdict et mes recommandations selon votre profil
Equals n'est pas la solution universelle. C'est une solution solide pour un profil précis, et un mauvais choix pour d'autres. Voici ma lecture terrain.
Equals est fait pour vous si
- Vous avez des flux réguliers en devises étrangères, notamment en GBP ou USD
- Vous avez une équipe qui voyage et a besoin de cartes avec des règles de dépenses personnalisées
- Vous cherchez à regrouper change, transferts et gestion des dépenses dans un seul outil
- Vous traitez des volumes suffisants pour que les taux de change compétitifs fassent une vraie différence
Passez votre chemin si
- Vous avez besoin d'un onboarding rapide (moins de 48 heures)
- Vous cherchez une intégration directe avec votre logiciel comptable français
- Votre activité est principalement en euros, avec peu d'international
- Vous n'avez pas de ressources pour gérer un support en anglais
Pour la majorité de mes clients TPE et PME françaises qui débutent avec un compte professionnel multi-devises, je recommande Wise Business en premier. L'expérience est plus fluide, l'onboarding rapide, les frais lisibles. Equals peut devenir pertinent quand les volumes de change augmentent et que le besoin de cartes équipes devient structuré.
FAQ Equals 2026
Equals est-il une vraie banque ?
Non. Equals n'est pas une banque au sens réglementaire français. C'est un établissement de monnaie électronique agréé au Royaume-Uni. Vos fonds ne bénéficient pas de la garantie des dépôts bancaires classique (100 000 euros en France via le FGDR). Les fonds sont "safeguardés" selon la réglementation britannique, ce qui offre une protection, mais différente d'une garantie bancaire standard.
Quels sont les frais appliqués par Equals ?
Les frais varient selon les produits et les volumes. Les conversions de devises s'appuient sur un taux qui inclut une marge, généralement entre 0,3% et 1,5% selon la devise et le montant. Les frais d'abonnement pour les comptes business sont à vérifier directement sur leur site, car les tarifs ont évolué en 2025-2026. Je recommande de demander un devis personnalisé si vous traitez des volumes importants, car des conditions négociées sont possibles.
Peut-on utiliser Equals en France ?
Oui. Equals accepte les entreprises enregistrées dans l'UE, dont la France. Mais l'interface et le support restent majoritairement en anglais. Pour une équipe francophone non anglophone, c'est un point à anticiper.
Comment Equals se connecte-t-il à ma comptabilité ?
Via des exports CSV ou Excel principalement. Il n'existe pas, à ma connaissance en 2026, de connecteur natif avec les logiciels comptables français courants. Pour Xero ou QuickBooks, des intégrations partielles existent, mais elles demandent une configuration manuelle. C'est clairement un point faible par rapport à Wise ou Revolut.
Equals convient-il aux indépendants ?
Techniquement oui, mais économiquement non dans la plupart des cas. Les fonctionnalités d'Equals sont dimensionnées pour des structures avec plusieurs collaborateurs et des volumes de change significatifs. Un freelance qui facture à l'international sera mieux servi par Wise, moins cher et plus simple pour ce type d'usage.
Quelle est la principale différence entre Equals et Revolut Business ?
Revolut Business a une interface plus moderne, un écosystème d'intégrations plus large et une notoriété plus forte. Equals a historiquement une expertise plus poussée sur le change de devises et les taux pour les gros volumes. En 2026, l'écart s'est réduit, mais Revolut reste devant sur l'expérience utilisateur globale. Equals peut l'emporter sur des cas très spécifiques liés aux volumes de change GBP/USD.
Un bon logiciel n'est pas celui qui propose le plus de fonctionnalités. C'est celui qui vous fait gagner du temps dès la première semaine d'utilisation. Equals en 2026 est un outil sérieux, avec une vraie valeur ajoutée sur les flux multi-devises. Mais si vous n'avez pas ce besoin spécifique, il y a plus simple et plus rapide à mettre en place pour votre quotidien.